Derrière l'écran de ma fenêtre
Par Cyrille » 29 novembre 2010 (20:59) - Management
Je travaille en SSII depuis plus de 10 ans, alors quand j'entends qu'un livre est sorti pour présenter comment nous travaillons, je fonce !!!
De plus, Le SigmaT (de Toulouse) a invité Nicolas Séné le 10 décembre prochain (http://www.sigmat.fr/dotclear/index.php?post/2010/11/20/Programme-du-SigmaT16).
Voici donc mon analyse de la lecture du livre de Nicolas Séné (Twitter : http://twitter.com/#!/NicoSene) et blog (http://revolutionsociale.wordpress.com/).
Globalement, je suis assez déçu par le contenu de ce livre, on retrouve les mêmes "clichés" depuis plusieurs années :
- Les commerciaux sont des "marchands de viandes"
- Que les stagiaires sont exploités voire mêmes vendus en tant qu'expert à des clients
- Qu'un stagiaire "gagne" 398,13€ par mois
- Que le TurnOver est de 15%
- Qu'il y a beaucoup de licenciement
- Que les grandes SSII publient des fausses offres d'emploi
- Que tu es vendu en tant qu'expert, même si tu ne connais pas la technologie du client
- Que si tu es en intercontrat (entre 2 missions) tu risques d'être licencié
- Que la formation est "inexistante"
- Que les cadres se suicident
- .../...
C'est comme si on parlait de dopage dans le cyclisme : tous les cyclistes ne se dopent pas.
Toutes les SSII ne se valent pas !!!
Malheureusement tous ces faits sont vrais mais principalement dans les grosses SSII et encore je ne suis pas certain que l'on peut trouver une SSII avec les 10 points que je viens de citer.
Ce qui m'a agacé à la lecture de ce livre : je n'ai rien vu de positif, comme par exemple :
- l'intérêt des stages pour les étudiants en dernière année qui est pour moi le meilleur tremplin dans la vie active
- les changements missions, contextes, clients, équipes etc...
- les formations : si si, les formations existent en SSII
- les changements de poste : MOE, MOA, Architecte, chef de projet, Scrum Master ou Product Owner :-)...
Bien sur, le milieu des SSII n'est pas tout rose mais je ne pense pas qu'il existe des sociétés toutes roses à part peut-être chez les Bisounours.
J'espère que ce livre permettra aux jeunes diplômés de se renseigner là où ils mettent les pieds : c'est tellement facile de savoir où l'on va mettre les pieds de nos jours !!!
J'espère aussi que certaines pratiques n'existeront plus même si certaines SSII ont déjà pris conscience de l'importance de leur capital humain.
Avis à Nicolas Séné, si vous passez sur Paris, prévenez moi, je ne serais pas sur Toulouse le 10 Décembre.
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Le problème des SSII, c'est qu'elles sont collées au siège quand l'économie accélère, mais qu'elles ont la tête dans le pare-brise dès que la croissance ralentit. Ce sont des sociétés qui subissent de plein fouet une conjoncture économique défavorable ou perçue comme telle par leurs clients qui vont réduire les commandes et reporter leurs grands projets informatiques.
Evidemment il y a des côtés positifs à travailler en SSII, mais ils ont tôt fait de voler en éclats lorsque "la crise" pointe son nez. Et dans un tel cas, c'est immanquablement les collaborateurs au bas de l'échelle qui en pâtissent. Le changement peut se produire du jour au lendemain : ne jamais sous-estimer la capacité d'une SSII (même petite, même "où il fait bon vivre") à se muer en huître crispée qui expulse les corps indésirables aux premiers signes de problèmes économiques (situation vécue).
Je n'ai pas lu le livre de Nicolas Séné mais les points que tu cites me paraissent bel et bien correspondre à des grandes caractéristiques de la majorité des SSII... quant aux autres types de boites dans l'informatique et ailleurs, sans être des bisounours, elles ne cristallisent pas non plus une telle somme de problèmes et d'abus.
Salut Max,
Les SSII qui vivent au gré du marché ne maîtrisent pas leur croissance !
> Evidemment il y a des côtés positifs à travailler en SSII, mais ils ont tôt fait de voler en éclats lorsque "la crise" pointe son nez
Je vois la même chose avec les Agences Immobilières, en 2000 le business était là et plein d'agences ont été crées, aujourd'hui ils dégraissent.
Pour moi la réponse est ici : "Je préfère vous voir partir parce que vous avez une bonne employabilité, plutôt que de vous voir rester avec une mauvaise employabilité" citation que je vous laisse chercher sur Google
Les crises FRAPPENT ceux qui ne se sont pas préparés, ceux qui pensent que leur CDI les protègent de tout.
Moralité, vous rentrez en SSII, vous savez que vous devez absolument travailler pour votre employabilité, mais je pense que ce problème est identique chez un client final ou un éditeur.
Cyrille
Ce que j'essaie de dire, c'est qu'on a beau "travailler pour son employabilité" au taquet, le facteur aléatoire est là, et bien plus présent en SSII qu'ailleurs.
Exemple : j'ai la malchance d'arriver à la fin d'une mission ou d'un projet alors que le contexte est peu favorable, et au bout d'un certain temps d'intercontrat je me fais licencier pour non respect de la clause de mobilité après avoir refusé une mission à 450 km de chez moi... Alors qu'un collègue qui lui finira sa mission quelques mois plus tard peut très bien enchainer sur un autre projet top moumoute parce que les affaires ont repris entretemps.
Dans quels autres contextes professionnels voit-on cela ?
Même s'il est vrai que le monde des bisounours n'existe pas, je ne dirais pas pour autant que "ça se passe partout comme en SSII" en termes d'environnement de travail. Au contraire, tous les facteurs sont réunis pour faire de la SSII un lieu particulier de conflits et d'abus (que ça soit entre salariés et employeur ou entre société de services et clients) d'une nature assez inédite :
- exigence de mobilité des collaborateurs forte, immédiate et imprévisible
- "effet régie" voulant souvent dire abandon total du collaborateur qui se retrouve isolé de longues périodes sans contact avec sa société
- non respect des lois/conventions et amateurisme parfois à visée malhonnête dans l'encadrement administratif du salarié
- désert syndical
- absence quasi générale de politique de formation puisque le turn over est énorme
- pression pour augmenter les marges au détriment de la qualité de la part de dirigeants qui bien souvent ne connaissent rien au métier de base
- engagement sur des objectifs peu réalisables de la part de tiers (commerciaux...) qui n'y connaissent pas grand-chose non plus
- invocation de l'imprédictibilité du cours d'un projet logiciel dans la volonté quasi-systématique d'arnaquer le client
- tendance procédurière des dits clients à force de se faire empapaouter
...
Je ne vois guère aujourd'hui d'autre branche d'activité qui cristallise tous ces problèmes à la fois...
Ce sont probablement ces spécificités de notre merveilleux monde professionnel qui ont frappé Nicolas Séné, je pense à juste titre, dans son enquête pour le livre (que décidément il va falloir que je me procure
)
Hello Max,
Je ne détaille pas tous les points car je trouve que tous ces points existent mais pas partout.
Si tu es parisien, je t'offre le livre de Nicolas Séné
++
Cyrille
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